Le journalisme à la seconde

Mieux informés, les lecteurs se sentent également perdus parmis le flot continu d’informations proposées par internet. Une réactivité qui ne laisse souvent que peu de place à l’analyse. Pourtant, l’enquête journalistique pourrait bien devenir l’apanage de la presse en ligne.

Avec internet on est passé de la presse quotidienne à un flot continu d’informations. Un journalisme à la seconde qui semble courir après le buzz au détriment de la hiérarchisation et de la vérification. Pourtant le web journalisme développe de nouvelles formes d’enquêtes, à en croire l’essor du data journalisme, ou journalisme de données. La narration quant à elle  s’épanouie sur le papier, avec notamment la revue XXI qui remet au goût du jour le reportage au long court.

La facilité de diffusion qu’offre internet pose la question du traitement de l’information. Proposer de nouveaux formats, tel est l’enjeu du web pour se démarquer de la presse écrite. La pluralité des supports permet au journaliste web de proposer des vidéos ou du son en complément de son analyse. Une méthode utilisée par de nombreux sites que ce soit au niveau national ou local, de Rue 89 à Lyon Capitale. Ce dernier, lancé en septembre 2009 en complément du mensuel, a développé une web radio et une web TV. Débats, enquêtes et photoreportages viennent appuyer l’écrit pour une meilleure compréhension de l’actualité.

« Un fait… n’est pas uniquement dans l’immédiat »

« Aujourd’hui, nous sommes face à un journalisme passif, de compte-rendu. Pas par manque de volonté, mais parce que l’agenda est là, parce qu’il nous envahit et nous piège. Un bon journal est un journal qui doit bousculer, faire réagir. » Edwy Plenel, co-fondateur du site Mediapart place, dans une interview donnée à Bachich, l’enquête au cœur du travail journalistique. Un journalisme qui prend le temps d’aller sur le terrain, de vérifier les informations, de les recouper.

Un idéal mis à mal par le journalisme en continu qui veut que les journaux télévisés reprennent les informations de la presse quotidienne et que les sites se copient entre eux. La course au scoop, au buzz et à la petite phrase sont alors en opposition totale avec les impératifs du journalisme d’enquête. « Un fait, il a une histoire, une profondeur, il n’est pas uniquement dans l’immédiat », poursuit Edwy Plenel.

Pour reconquérir en légitimité face à un public critique vis-à-vis de la profession, le journalisme, et notamment sur internet, doit donc redoubler d’efforts en termes de vérifications et de hiérarchisation de l’information.

Audrey

 

 

 

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A propos Marie Maurisse

Journaliste en Suisse
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