Internet rendra-t-il le journalisme obsolète ?

Avec la révolution numérique, les médias traditionnels perdent leurs lecteurs et leurs revenus publicitaires. En se délocalisant sur la toile, ce sont des nouvelles méthodes, parfois hasardeuses, auxquelles les journalistes doivent faire face. Quitte à remettre en question l’essence même de leur métier.

En 2010, cinq journalistes se sont enfermés dans un gîte rural au cœur du Périgord, pour l’opération « Huit clos sur le net ». Seuls Facebook et Twitter leurs étaient autorisés. L’expérience consistait à étudier les capacités à s’informer, via les réseaux sociaux. Enfermée dans les clichés ou pas, cette opération se voulait pourtant objective : en s’informant par les réseaux sociaux, on s’informe mal.

Pourtant, Internet serait le médium d’information préféré des Français selon une enquête d’Harris Interactive publiée en 2008. Sur 2000 personnes sondées, 38% s’informent par Internet, 35¨% par la télévision, 17% par la radio et à peine 5% par les quotidiens d’information. Au niveau mondial, c’est désormais plus de deux milliards d’internautes branchés tous les jours. Les Français seraient-ils mal informés ? La faute au journalisme, ou à Internet ?

On aura tout dit d’Internet. Qu’il démocratise l’information. Qu’il permet aux lecteurs de devenir acteurs. Autrefois figés dans leur statut de spectateur, les lecteurs sont maintenant collecteurs, rapporteurs, et éditeurs. Ils ont réussi à s’emparer du Web, ce qu’ ils n’ont pas pu faire avec les médias traditionnels.

La véracité de l’information face à l’abondance numérique

Pourtant, le travail du journaliste reste le même. Et doit le rester. La viabilité des informations circulant sur Internet est l’enjeu sur lequel les journalistes doivent se différencier. La toile ne produit pas d’informations, elle en redistribue. La capacité des citoyens a juger le monde en fonction des bonnes informations, et avec relativité, dépend des journalistes.

La crise Syrienne a montré les limites de cette capacité. Sans autorisation d’entrée dans le pays, les médias internationaux doivent se fier aux données des internautes Syriens pour relater les faits. En gardant à l’esprit que poster une vidéo sur le net, fait participer au flux, mais n’est pas du journalisme. Mais acte de citoyenneté.
Le travail de sélection, de hiérarchisation et de vérification des sources, est ce qui crédibilise le journaliste, de l’internaute lambda.
Le seul élément que le journaliste peine à conquérir, est le temps. Internet offre une confrontation en temps réel. Quelle crédibilité avoir lorsqu’on donne une information, certes vérifiée, mais déjà lue plus tôt par des millions d’internautes ?

Face aux flux continus d’informations sur le net, facile de se noyer dans le trop plein d’information. Facile aussi de se mal-informer ou de confondre commentaire et fait. Ce désordre de l’information et de source s’allie à une compétition implacable pour capter l’attention des lecteurs. Rapidité, fluidité au mépris souvent de la qualité.

Certains blogs proposent des idées pour permettre à la presse de survivre à l’ère du numérique, le NiemanJournalismLab, de l’université Harvard est un réservoir d’idées à la disposition de ceux qui veulent contribuer à une presse de qualité, sur le net.
Certains proposent une autre alternative en se basant sur le financement direct par l’internaute. En France, le site Jaimelinfo, permet à des internautes de soutenir des projets de presse en ligne qu’ils choisissent. L’info à la demande semble être le compromis entre journalisme et survie sur le net.

Aucun nouveau média n’aura réussi à faire disparaître les journalistes. Ni la radio, ni la télévision n’ont évincé les journalistes papiers de leurs bureaux. Au-delà du moyen de s’informer, c’est sans doute la recherche de la vérité et de sa diffusion qui départageront les nouveaux médias. La solution réside dans la différenciation et la spécialisation qu’offre le journalisme. Un effort, qui ne dépend pas forcément du support.

Elise

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A propos Marie Maurisse

Journaliste en Suisse
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Un commentaire pour Internet rendra-t-il le journalisme obsolète ?

  1. Marie dit :

    Bon exemples et bonnes idées, mais l’angle est un peu large ! Par ailleurs, je suis curieuse: quels ont été les résultats de cette expérience nouvelle dans le Périgord?

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