Blogueurs vs. Journalistes: vers une entente cordiale ?

 Internet a fait s’épanouir un acteur d’un nouveau genre, le « blogueur amateur » – mi- citoyen, mi- journaliste. Concurrent ou avant-coureur, le journaliste web a fait son choix.

Cortega9 - CreativeCommons

Cortega9 – CreativeCommons

Le blogueur est le nouveau trésor d’Internet : doté d’une forte conscience politique, ce citoyen endosse, à ses heures perdues – et quand il ne l’est pas déjà – l’habit de journaliste. Il offre ses propres contenus informatifs sur un site perso, son « blog ». Parce qu’Internet offre un accès universel à l’information – pour peu de savoir se servir d’un moteur de recherche. Et gratuitement ! À la différence des titres de presse, qui distinguent contenus gratuits et payants – sur critères de qualité, d’exclusivité, de droits d’auteurs par exemple – les blogs sont en accès gratuit. Jacques Rosselin, fondateur du Courrier International, était l’invité de la conférence organisée par le site d’information en ligne Aqui.fr fin septembre à Cenon, en Gironde. Questionné sur les défis du journalisme à l’ère du numérique, il expliquait qu’il y avait en moyenne 5% d’information… contre 95% de commentaires. Éclatement des sources, dilution des marques média. La tâche du journaliste ? Récolter et produire ces 5% d’information, avant qu’ils ne soient diffusés, repris, commentés par la blogosphère.

La « Blogo-quoi » ? Le réseau de blogueurs. Un mélange pas très homogène de « bons » citoyens, de dissidents, d’adolescents et, de journalistes. Parce qu’Internet, c’est aussi disposer d’un espace d’expression quasi-illimité pour pas – ou très peu – d’argent. Pour les plateformes standard, type WordPress ou Over-blog, de même que pour les plateformes dites officielles utilisées par les journalistes – la plateforme du Monde ou du Figaro par exemple – il n’est demandé aucune contrepartie. Plus d’espace, à moindre coût. Si le blog amateur sert généralement à faire part de son ressenti face à tel ou tel événement, le blog de journaliste est un prolongement nécessaire de son activité au sein de la rédaction. La pagination des quotidiens ne cesse de diminuer. Il y a à peine deux semaines, Le Monde la réduisait de 15%, soit quatre pages. Dans le même temps, pour enrayer la crise de la presse papier, la place dédiée à la publicité augmente. Que reste-t-il au journaliste ? Un espace à lui, son blog ! Ceux d’Une année en France, ouverts par Le Monde l’an dernier pour couvrir la présidentielle en sont de parfaits exemples. Ces blogs ont un thème précis et laissent la possibilité d’user de nouveaux formats : photo, vidéo, reportages audio. En un mot : interactivité.

Encore faut-il répondre à l’exigence du « journaliste un peu geek qui bidouille », pour reprendre les mots de Pierre Haski, cofondateur de Rue89, également présent lors de la conférence Aqui.fr. Les formations au développement (codage) se multiplient au sein des rédactions web. Samuel Laurent, journaliste au Monde.fr faisait part de son expérience en 120 caractères sur Twitter le 8 octobre dernier : « Bilan de cette première journée de formation : CSS 3, c’est balèze ». Ces formations permettent aux journalistes de pouvoir conceptualiser eux-mêmes de nouveaux formats, aux rédactions de ne pas avoir à rétribuer un journaliste ET un développeur.

Blogueurs amateurs et professionnels, incompatibles ?

Internet est un espace qui rassemble et bouleverse les liens traditionnels qu’entretenait le journaliste avec son lecteur. Parfois en compétition, ils sont en perpétuelle interaction. Il n’y a plus un sujet qui ne soit couvert par les citoyens ou les journalistes. En collaborant, via les commentaires, les interpellations ou corrections par ordinateurs interposés,  ils enrichissent leurs contenus respectifs. Cette interaction est d’ailleurs devenu le mot d’ordre du pure-Player Rue89. Ils ont mis en place un système où les « coco » (correcteurs-contributeurs bénévoles) relisent quotidiennement et rectifient les papiers des journalistes pigistes ou titulaires. Concrètement, un tiers du contenu de Rue89 est apporté par les internautes.

Et si le journalisme n’était plus cette vision élitiste d’un intellectuel qui sait mieux que la masse? Et si le journaliste s’appuyait enfin sur des citoyens, ces fins observateurs de la politique environnante? Ce serait presque un gain démocratique qu’Internet nous permettrait alors de toucher !

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A propos Some Place Called Home

Bienvenue sur Some Place Called Home, un blog mode, lifestyle, mais pas que... Ici, je conjugue mon amour des mots et de la photo à mes passions. Viens, je t'assure, ici on est bien bien bien :)
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