« La vitesse, c’est le pouvoir », nouvelle devise du journalisme?

   « J’ai eu Nicolas Sarkozy au téléphone, il m’a annoncé sa défaite ». Voici le tweet de Gérard Depardieu publié le 6 mai dernier à 18h, deux heures avant l’annonce officielle des résultats de la présidentielle. Une avalanche de tweets, de pseudos facebook, de SMS  a ensuite relayé ce scoop en moins de 5 minutes, sans aucune vérification ni confirmation du candidat concerné. Les journalistes eux, étaient privés de donner toute information jusqu’au verdict officiel dévoilé sur les chaînes nationales à 20h. Qu’est ce qu’un journaliste aujourd’hui ? Celui qui informe ? Qui donne les derniers scoops ? Dans ce cas qui est journaliste ? Les internautes qui utilisent la toile pour révéler des informations ? Qu’apportent les journalistes en plus ? En clair, pourquoi devraient-ils être payés pour un job que tout le monde peut faire ?

Internet a révolutionné le journalisme. On a accès à toute l’information, du monde entier et en instantané. Sur les sites des grands médias (tous d’ailleurs ne peuvent continuer à exister qu’en étant présents sur la toile) mais aussi sur les réseaux sociaux, les blogs… Les journaux de presse écrite ont leur site internet. Les chaînes télé et radio ne peuvent s’en passer. Leurs auditeurs et téléspectateurs téléchargent les podcasts afin de ne rien rater. L’info est captée puis relayée et circule très rapidement comme au téléphone arabe. Et comme dans ce jeu, le message transmis est court, sélectionné et peut être mal compris par son récepteur.

La principale qualité du journaliste aujourd’hui semble être la réactivité. Il faut diffuser l’information le plus vite possible ! Et pour aller vite, il faut que ce soit court. Alors on copie-colle les dépêches AFP, on envoie des notifications « push » aux utilisateurs des Smartphones qui sont informés et vivent les évènements en instantané. Le lecteur lui, reste  en surface, ne prend pas le temps d’aller plus loin, il attend la prochaine notification qui viendra contredire ou compléter les précédentes. A l’heure d’internet, le journalisme semble donc se résumer à une diffusion d’information la plus rapide et la plus simple possible.

Le journaliste a pourtant un autre rôle à jouer. Il doit éclairer ces informations brutes, donner des explications, aller plus en profondeur, analyser. Sur internet, on trouve aussi des articles de fond qui prennent du recul par rapport aux évènements et qui permettent d’avoir un regard plus réfléchi sur l’actualité.  L’information diffusée à chaud peut en effet souvent conduire à des interprétations hâtives et erronées. Par exemple, les rubriques  « décryptage » du Monde ou d’Atlantico apportent aux lecteurs plus de précisons sur l’actualité et permettent de compléter « l’info » dévoilée à chaud, en instantané ! Car la vitesse n’est rien sans contenu !

Ombeline

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A propos Marie Maurisse

Journaliste en Suisse
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