Les pigistes seront-ils les « nouveaux riches » de demain ?

http://abonnes.lemonde.fr/m-actu/article/2014/11/21/riche-comme-un-pigiste_4526576_4497186.html

 

Dans cet article du Monde Magazine, on apprend que pigiste pourra rapporter gros. Jill Abramson, 60 ans et ancienne directrice du célèbre New-York Times lance bientôt son propre site d’informations au modèle pour le moins étonnant. Le principe ? Ne publier qu’un seul article mensuel -120 000 aignes tout de même- qui sera rétribué 100 000$ !

 

Bien qu’il laisse perplexe, ce système attire de nombreux investisseurs selon sa fondatrice. Elle est persuadée que de nombreuses personnes sont à la recherche d’articles longs, pourvu qu’ils soient bien construits. Cette histoire reflète les évolutions du journalisme aujourd’hui et plus particulièrement celles du cyberjournalisme.

 

Nombreux sont les analystes qui prédisaient, et prédisent toujours, la mort de la presse papier à cause de l’apparition d’internet. Il est vrai que la toile n’a pas rendu service aux journaux traditionnels en mettant en ligne, et gratuitement dans un premier temps, tout ce qu’ils proposaient dans leur version papier, et donc payante. Ce modèle économique a rapidement trouvé ses limites et aujourd’hui, il est vrai que la presse papier n’est pas au meilleur de sa forme.

 

Alors serait-ce oublier les profondes transformations opérées depuis quelques années. Les rédactions, conscientes qu’internet était leur meilleur ennemi, ont commencé à développer deux corps bien distincts en leur sein : la rédac’ papier et la rédac’ Web. Le préjugé selon lequel le Web serait « moins prestigieux » reste de mise, mais pour encore combien de temps ?

 

Car être un.e. futur.e. journaliste, c’est être confronté.e. aux éternelles remarques telles que : « ah mais c’est pas galère ça, journaliste ? », « t’façon journaliste, c’est plus un métier en fait, tu vas écrire un blog c’est ça ? », et j’en passe… Mais je leur répondrai que non, vouloir devenir journaliste aujourd’hui ce n’est pas vouloir devenir blogueur.se. Vouloir être journaliste, c’est croire en l’avenir et en un nouveau modèle économique pour la presse, qui embauche de plus en plus de jeunes car mieux formés à la polyvalence demandée par les rédactions. Il faudra savoir monter, coder, bloguer, follower, tweeter, mettre en fav’, RT et autres nouvelles pratiques, mais ce, toujours dans les règles qui ont façonné la profession de journaliste.

 

Alors certes, les journalistes ressembleront de plus en plus à de vrais couteaux suisses, capables de tout –ou du moins, de ce qu’ils peuvent- mais pas en vain. La multiplication des blogs et des fausses informations sur les réseaux sociaux révèle d’autant plus à quel point la fiabilité est devenue un élément déterminant dans cette recherche d’information.

 

Aussi l’initiative de Jill Abramson s’inscrit-elle parfaitement dans cette voie. Avec une formule 100% payante et un article long –alors que la doxa préfère des articles très courts sur la toile-, elle montre bien les évolutions de ce qui est devenu indispensable au journalisme. Qui sait ? Peut-être que les nouveaux riches de demain pourront se targuer d’avoir fait fortune grâce à des piges sur des sites d’information. Mais on en reste encore loin.

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A propos Florence Morel

Étudiante en journalisme à Sciences Po Bordeaux, navigue entre le Sud Est et le Sud Ouest, s'aventure difficilement au-dessus d'Avignon.
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