StreetPress, du buzz, du fond : la clé du succès ?

Alexandre Piquard s’intéresse dans un article publié début novembre, au succès de StreetPress. Ce pure player, créé en 2009, est 100% web. Et 100% gratuit. Deux caractéristiques complémentaires mais peuvent être fatales à certains médias ? Quelle stratégie adopter sur le Web ? Quel financement et quel contenu ?

« Raconter les lieux et les gens autour de nous »

StreetPress, le magazine urbain. Voilà, la définition que Google nous en donne. Urbain, mais aussi jeune. Le public visé est celui des 20-35 ans, du même âge que l’équipe rédactionnelle. Ainsi, les articles se veulent souvent décalés ou humoristiques. Le 6 novembre dernier, StreetPress a réalisé un micro-trottoir à Neuilly, demandant aux passants : « Dans quelle affaire Nicolas Sarkozy est-il innocent ? ». Les réactions sont clichées, mais la vidéo fait le buzz. StreetPress allie à la fois des articles et rubriques décalés, et des articles de fond, souvent des reportages de format long. De fait, les reportages sur des communautés, des gens en « marge » sont la marque de fabrique du pure player qui se veut en décalage avec le paysage médiatique. Un magazine urbain fortement ancré dans son environnement. Pour Johan Weisz-Myara le but est de « raconter les lieux et les gens autour de nous ». Le magazine se veut représentatif de son lectorat. Et c’est peut être dans cela que réside la première clé du succès. En alliant reportages de fond et articles décalés, Streetpress réunit deux univers différents, souvent incompatibles.

Reporters bénévoles et agence de contenus : Quel financement, quel éthique ?

Pourtant, la question fondamentale demeure celle du financement. StreetPress a un fonctionnement plutôt atypique. Il existe depuis 2012 la « streetschool ». La rédaction forme 15 jeunes pendant 15 semaines. De plus, le site forme et accompagne aussi des contributeurs bénévoles, qui sont au nombre de 200 voire 300 chaque année. Selon Johan Weisz-Myara, il ne faut pas focaliser l’attention sur le fait que ces reporters bénévoles publient gratuitement, mais sur le fait que le groupe les forme véritablement. Mais comment classer ces reporters bénévoles et qui sont-ils ? De jeunes journalistes qui cherchent à avoir de l’expérience ou des gens qui s’intéressent au journalisme sans y avoir une véritable vocation ? Si l’idée d’un « journalisme social » comme StreetPress le revendique, est intéressante, la publication bénévole soulève quelques questions éthiques. Par ailleurs, Alexandre Piquard insiste sur le financement de Streetpress. 80% du chiffre d’affaires vient de l’agence de contenus liée au groupe. Les 20% restants de la publicité. Être à la fois une agence de contenus et un média semble plutôt antagoniste. Johan Weisz-Myara affirme le contraire : « Ce qui nous motive, c’est StreetPress ». Dans une certaine mesure, on peut considérer que StreetPress ne fait que trouver les moyens de son existence. Allier un contenu plus commercial, en réalisant des magazines de syndicat étudiant et d’un autre côté, proposer un site d’informations avec des articles de fond, et un contenu particulier : serait-ce l’un des seuls moyens de survie, et surtout de réussite ?

Publicités

A propos MeganeFleury

Etudiante à Sciences Po Bordeaux, de retour d'une année en Israël.
Cet article a été publié dans Administration. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s