Hoax busting : la chasse aux intox est ouverte

Voisin de palier ou étranger issu des rangs obscurs des conspirationnistes, le troll se cache partout, tapis dans l’ombre, en attendant sa proie. Internautes pénibles, qui cherchent à énerver les autres, diffusant souvent de fausses informations, les trolls sont parfois dangereux pour les victimes qui se jettent dans leurs pièges à corps perdu. Alors que pendant longtemps, les journalistes se sont désintéressés de cette mode née avec Internet, ils sont aujourd’hui en première ligne pour étouffer les trolls qui diffusent des intox. Ce nouveau style journalistique a même un nom, le hoax busting.

« Le hoax busting c’est la chasse aux intox proprement dite. L’idée est de repérer les rumeurs les plus partagées, et de vérifier leur véracité. Et de faire circuler ensuite cette véracité au mieux sur les réseaux sociaux »  explique Samuel Laurent, journaliste au Décodeur du Monde et un des auteurs de l’article sur les « 10 rumeurs et intox qui circulent après les attentats du 13 novembre « .

Mobilisée durant les attentats qui ont touchés Paris, la rubrique des Décodeurs du Monde a réalisé un travail de fourmi sur les réseaux sociaux pour recouper les faits, vérifier les photos postées en masse et démentir les rumeurs qui circulaient. Entre un feu soi-disant d’origine criminel à Calais, et des manifestations de soutien aux Français en Allemagne le soir même des attentats, voilà quelques exemples de fausses informations auxquelles ont dû faire face les journalistes durant les jours qui ont suivi les attentats. Dans la panique générale de cette nuit sanglante, les hoax, postées par des internautes dotés de mauvaises intentions avaient trouvé un terreau fertile pour déverser leurs messages empoisonnés.

Feed or not to feed the trolls

La meilleure solution pour lutter contre ces hoax, reste donc de démentir les fausses rumeurs créées et partagées par les internautes. Si Samuel Laurent rappelle que « vérifier les faits, c’est ce que fait tout journaliste digne de ce nom », ces-derniers ont longtemps été réticents à parler des rumeurs sur les réseaux sociaux. Le crédo était de « « ne pas parler des rumeurs pour ne pas les alimenter », même pour les démonter, ou boycotter les personnalités aux discours trop malsains  » explique le journaliste des Décodeurs du Monde. Il ajoute : « Mais de Dieudonné aux «journées de retrait de l’école », on voit bien que cette stratégie ne fonctionne plus. Aujourd’hui cette contre-info est devenue très influente, à mesure que les médias institutionnels perdent en crédibilité, et on ne peut plus ignorer ces hoax et ces intox ».

De plus, à mesure que les réseaux sociaux ont pris de l’ampleur, de nouveaux outils ont été mis à la disposition des journalistes pour lutter contre les fausses rumeurs d’internet. En quelques clics, il est aujourd’hui possible de déterminer si une photo a été manipulée ou retouchée. Mais la chasse des journalistes contre les intox ne fait que commencer. « Nous sommes en train de mettre en place des méthodes plus modernes à l’aide d’outils, c’est encore en début de développement et je ne peux pas trop entrer dans les détails » souligne mystérieusement Samuel Laurent. À croire que les hoax n’ont plus qu’à bien se tenir.

Aurélie Franc

 

 

 

 

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A propos Marie Maurisse

Journaliste en Suisse
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