Internet, pour le meilleur et pour le pire

Sur les réseaux sociaux pullulent les trolls, ces agitateurs informatiques férus de polémiques creuses. Par leur remise en cause systématique de l’information, ils mettent au défi un journalisme Web encore balbutiant.

Internet. Ce fleuron de modernité. Ce symbole du XXIe siècle : instantané, simple d’accès, illimité. La « Toile », comme le surnomme les défenseurs chevronnés de la langue française, donne en deux clics accès à l’intégralité de la connaissance humaine. Mais, outre le fait que nous préférons y consulter des vidéos félines plutôt que des traités de physique quantique, Internet a aussi entériné la résurrection de créatures tout droit sortie de la mythologie scandinave, les trolls.

Tapis dans leurs antres, derrière l’anonymité de leurs écrans, les trolls sont des polémistes 2.0. Ils se déclinent en différents degrés de nuisibilité. Les gentils trolls sont ceux qui prennent un malin plaisir à toujours contredire et discréditer le moindre post qui apparaît sur leurs timelines. Mais ce n’est là qu’une ironie mordante et parfois un tantinet mal placée, bien qu’elle vise en premier lieu les naïfs du Web. Apparaissent également les trolls à vocation « héroïque », Anonymous en tête, qui ont récemment trollé l’État Islamique en remplaçant leur site de propagande par une pub de Viagra. Et la dernière des catégories, la plus méprisable, celle des méchants trolls, qui veulent imposer leur ignorance crasse et leur vision étriquée du monde à l’ensemble de la population des réseaux sociaux. Généralement conspirationnistes et arriéristes, voire carrément racistes, ce sont les plus offensifs pour les journalistes des médias en ligne. Ils officient en particulier sur Facebook.

Ignorer l’ignorance trollesque, et troller le troll

Le journalisme est encore dans la phase d’apprentissage du support Internet. Que l’information ne soit plus une exclusivité et que tout un chacun puisse livrer son interprétation de tel ou tel événement, ou même l’annoncer handicape les journalistes. Leurs productions sont plus facilement dépassées par les contributions des internautes. Et dans la course au clic, ils sont parfois tentés de faire des titres accrocheurs, qui pris au 1er degré et non suivis de la lecture exhaustive de l’article deviennent des repaires de trolls.

Quand un méchant troll attaque une publication d’article relayé sur les réseaux , c’est en général par un commentaire agressif, remettant en cause la véracité des données publiées, si possible agrémenté d’un lien redirigeant vers un site d’information « alternative » qui fustige la presse traditionnelle et sa supposée pourriture. Leur but n’est cependant pas de mener une critique constructive des dérives de certains médias, mais bien de questionner bille en tête tout ce qu’ils peuvent écrire. Avec un seul but quelle que soit la réponse apportée, fustiger. C’est pourquoi la plupart des sites d’information ignorent tout simplement les trolls. Les méchants n’apportent pas d’alternative crédible, et certains des gentils se chargent de tacler les premiers, avec humour.

La meilleure arme du journaliste est sa connaissance et sa capacité à prendre du recul et analyser en fond l’information. La meilleure façon de lutter contre les trolls est de noyer leurs néfastes contributions par la qualité, par la clarification. Par un travail journalistique toujours plus exigeant et complet, et en faisant confiance aux internautes pour troller les trolls…

 

Lou Kisiela

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A propos Marie Maurisse

Journaliste en Suisse
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