Supprimer les trolls, avec modération

Reconnaissables par leur mauvaise foi et leur perfidie, les trolls sont aujourd’hui de véritables menaces pour les sites d’information qui cherchent à filtrer et éliminer leurs commentaires.

Une petite tête ridée déformée par un grand sourire narquois. Derrière ce simple dessin en noir et blanc, se cache un troll. Inspiré du monstre fantastique issu de la mythologie scandinave, il désigne aujourd’hui un internaute qui cherche le conflit, attise la polémique ou déclenche une dispute artificielle afin de créer des divisions au sein d’une communauté virtuelle. Une « flame war ».
En commentant et en multipliant les messages sans intérêt, les trolls perturbent le fonctionnement des forums de discussion et obstruent la section commentaires des sites d’information. Cela pollue le débat et dilue l’information au rythme des dizaines de milliers de commentaires publiés chaque jour sur le web. Pour enrayer cette véritable épidémie virtuelle, les sites d’information font appel à des modérateurs. Ces chasseurs de trolls modernes arpentent chaque jour le Net et les sites d’information afin de supprimer les commentaires irrespectueux et injurieux. Le « trolling » bête et méchant. 20 à 30% des commentaires sont ainsi supprimés en moyenne. « On nous reproche souvent d’être à la limite de la censure. Il faut bien comprendre que l’on modère les sites des éditeurs et que ces espaces privés ce n’est pas internet. » explique dans L’Express L’expansion Jérémie Mani, président de Netino, une entreprise modératrice sous traitante pour la plupart des médias français. Près de trente sites de presse.

« Don’t feed the troll »

Cette suppression des commentaires, a priori ou a posteriori, répond à la stratégie la plus basique en matière de lutte contre le trolling : le « don’t feed the troll ». « Ne nourrissez pas le troll » en français, ne pas entrer dans son jeu, ne pas lui donner un prétexte pour continuer son travail de sape. Car il n’attend que ça. Toutefois, la suppression à grande échelle des commentaires ne fait pas l’unanimité car cela lui confère un statut de victime et envoie un mauvais signal aux internautes, comme si le site avait quelque chose à cacher. Les modérateurs s’appuient seulement sur la charte de modération, un ensemble de normes à respecter propre à chaque site qui fait regretter l’absence d’un cadre juridique clair.
Certains pure players préfèrent donc limiter le flux de commentaires en autorisant seulement les abonnés à commenter les articles. Une logique « davantage participative que répressive » pour Marie Slavicek, journaliste en charge du community managers chez Atlantico. La modération devient alors interne à la rédaction. Cela donne une nouvelle importance au commentaire et instaure un véritable débat de fond entre le journaliste et le lecteur-commentateur, considéré par Rue89 comme l’une des « trois voix du site avec celle des journalistes et des blogueurs/experts ».

 

Pierre E.

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A propos Marie Maurisse

Journaliste en Suisse
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