Le rédacteur web, le « journaliste Shiva »

            Après s’être adapté à la radio et à la télévision le journalisme doit désormais composer avec le web. Une mutation de la profession obligeant le journaliste à devenir très polyvalent. 


 

La lecture d’un journal semble désormais bien loin de ce que définissait Hegle comme « la prière matinale de l’homme moderne ».  Désormais ultra connecté, l’homme post-moderne lui, s’informe en continue tant sur son smartphone que sur son ordinateur : il passe d’articles en articles, de vidéos en vidéos. Pour répondre à cette demande les journaux créent des versions numériques. Des papiers illustrés, accompagnés de cartes interactives, de liens, de commentaires, de photos. Bref, l’article web n’a plus rien à voir avec le papier de la page 4 du quotidien. Des articles 2.0 qui obligent – ou incitent – le journaliste à devenir multifonctions. Sarah, étudiante en deuxième année à l’ESJ en apprentissage au Journal du dimanche.fr a choisi la spécialisation web pour « plus de liberté». Cette passionnée de photos et d’écriture a vu le potentiel de numérique dans lequel elle peut s’exprimer plus facilement « avec l’écriture on peut vraiment se faire plaisir, concilier l’image, le son, l’écriture et pleins d’autres choses ». Contrairement à la télévision, qui regroupe également son, image et information « à l’écriture particulière », le web s’émancipe de cette lourdeur technique, « une simple vidéo prise à l’Iphone ajoutée à un article peut faire l’affaire » expliquera Sarah.  Plus seulement rédacteur, le journaliste web fait preuve de polyvalence pour rendre les sujets attractifs. C’est dans cette volonté de s’adapter au marché en mutation que les écoles de journalisme accordent leurs cours. Presque systématiquement les formations dispensent dorénavant des cours de sensibilisation au SEO (Search Engine Optimization) une technique qui permet de positionner une page web dans les premiers résultats naturels des moteurs de recherche.

« Plus qu’un journaliste, le rédac’web communique »

Le journaliste web, surnommé « Shiva » par Jean-Marie Charon lors des Journées du Numérique en raison de ses nombreuses compétences, multiplie les cordes à son arc, pour envahir internet. Les réseaux sociaux peuvent aussi servir à promouvoir les chroniques. En tête de gondole : Facebook et Twitter. Des outils digitaux auxquels sont sensibles les journalistes web car ils représentent une porte d’entrée plus importante, cumulant plus de « vues », que le site lui même. C’est l’analyse du quotidien Le Monde, qui  s’est d’ailleurs doté d’un compte Snapchat à la rentrée 2016, toujours avec cette volonté de multiplier les plateformes d’informations. « En tant que journaliste web on cherche tout les moyens de communiquer le plus possible sur nos articles, on peut les actualiser, les rendre meilleurs » argumente l’apprentie journaliste.

Si les compétences du rédacteur web sont de plus en plus courues par les rédactions, le journal papier, lui, reste encore nécessaire. En terme économique le format print représente environ 80% du revenu d’une rédaction. Un passage qui se fera certainement en douceur « avec le web tout reste à inventer » optimise Sarah.

Alizé BOISSIN

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